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Le contrecoup

Il est dur cet après. J’ai attendu une semaine avant de réécrire un article, mais je n’ai pas réussi à me remettre complètement d’aplomb. Sur le coup je n’ai senti que la peur, et comme réponse la volonté de célébrer la vie, la liberté, le privilège que c’est de pouvoir rentrer chez soi le soir. Rien que ça. Je pense à ces gens qui sont partis de chez eux et qui n’ont jamais eu le droit d’y revenir.

Ce fut donc un weekend sans repos, mais sans effondrement non plus. Le fait d’être scandalisée, révoltée, m’a protégé. M’a tenu hors d’atteinte. Puis, lentement, j’ai senti le poison se diffuser en moi. Depuis mercredi, je me sens très fatiguée. Les rituels que je pratique d’habitude pour exprimer ma gratitude et gérer mes émotions négatives ne marchent pas.

En fait je me sens blasée. Démunie de voir à quel point c’est facile pour les aigris de détruire le bonheur des autres. Que peut-on faire ? Se réparer, reprendre des forces, ne pas se laisser abattre. Ouais d’accord. Mais là j’en vois pas le bout. La pilule ne passe pas.

Je suis obligée d’accepter une vérité que je ne voulais pas voir. Qu’on vit dans un monde pas si évolué, pas si sûr, et pas si beau. Ça me fait tellement mal. Je sais que les idéalistes ne peuvent qu’être déçus. Mais je ne comprends pas pourquoi c’est si facile de faire le mal et si long de faire le bien. Il n’y a pas d’équivalent des attentats du côté du bien. Il n’y a pas d’action qu’on peut faire en 2h et qui répande une vague de bienveillance et d’amour dans le monde. Alors qu’eux le peuvent. Quel est l’équivalent du trafic d’armes en bien, le trafic de câlins ? Quelle est l’arme du bien ?

Tout ce que je veux c’est que les gens vivent en paix, qu’ils s’aiment, qu’ils utilisent leur intelligence et leur force pour s’aider entre eux. Et pour ça je me sens totalement en marge. Comme si j’étais anormale. Comme si tout le monde avait renoncé sauf une poignée de hippies déconnectés de la réalité.

Pourtant je ne me sens pas hippie. J’ai une vie de parisienne. Je sors, je mange au resto, je vais au ciné, je consomme de façon raisonnée mais quand-même, je bois, j’ai des amis, une vie de couple, je fais des activités. Je ne me sens pas du tout à part dans mon mode de vie. Mais dans ma tête, c’est comme si je me posais des questions que personne ne se pose. Ce n’est jamais traité par les médias : pourquoi ne s’aime-t-on pas ? Pourquoi tout le monde doit-il être un ennemi ? Les étrangers, les chômeurs, les croyants d’une autre religion, les homos, les riches… Pourquoi passe-t-on notre temps à chercher des facteurs de différence, qui ensuite légitiment la méfiance et le rejet ? Les gens ne peuvent pas voir que nous sommes tous des humains ? Tous colocs d’une même planète, tous unis dans notre expérience de la vie sur terre à une même époque, tous reliés les uns aux autres par nos actions ? Non, visiblement ils ne peuvent pas.

Malgré tout, je sais que mes pensées sont biaisées en ce moment. Par cette tristesse déguisée en fatigue. Que je dois prendre le temps qu’il faudra pour que ça aille mieux. Que je dois être gentille avec moi-même aussi. Me pardonner de flancher un peu. Ne pas me blâmer pour ce que je ressens. Je sais qu’il faut avancer. Et je vais le faire.

Pardon de venir vers vous avec ces pensées. Je me dis que je devrais vous servir à quelque chose et pas vous demander de me réconforter. Mais je vous avoue que je n’ai pas réussi par moi-même à retrouver la bonne vision. Et que j’espère un peu qu’il y en aura parmi vous qui me diront que pour eux aussi c’est dur. Que malgré nos photos de profil en bleu blanc rouge et nos hashtags #JeSuisEnTerrasse, il y a des doutes et un genou à terre.


Edit 21/11

Premièrement, je voulais vous remercier pour le soutien que j’ai reçu ici et sur les réseaux sociaux, ça fait chaud au coeur. Ensuite, je voulais partager avec vous des extraits d’interviews ou d’articles que j’ai trouvé en fouillant le web en quête de pistes sur « comment rebondir après ça ? ».

1. L’importance de ne pas accepter le monde tel qu’il est – Marie Forleo

« Ce qui me donne de la force et de l’espoir, c’est de reconnaître qu’au milieu des souffrances et des défis de notre époque, il y a des troupes d’êtres humains remarquables qui travaillent activement pour créer un monde meilleur.

Pas seulement pour eux-mêmes, ni pour une religion spécifique ou une idéologie politique, mais pour toute l’humanité. Spécifiquement, pour les milliards de populations négligées, oubliées, et souvent marginalisées. Leurs histoires font rarement les gros titres et ne reçoivent pas le soutien des leaders internationaux. Mais comme le dit Leila Janah, fondatrice du groupe Sama : « Nous n’avons pas à accepter le monde tel qu’il est, nous pouvons le modeler en ce que nous pensons qu’il devrait être ».

Chacun de nous a le pouvoir d’utiliser sa vie pour aider les autres. En temps de souffrances et de conflits, nous devons concentrer nos coeurs, nos esprits, et nos actions sur ce que nous pouvons faire, plutôt que sur ce ne nous ne pouvons pas faire.« 

Article original (en anglais)

2. Prier pour résoudre le terrorisme ne marchera pas – Le Dalaï Lama

« Nous ne  pouvons résoudre ce problème seulement en priant. Je suis Bouddhiste et je crois en la prière. Mais ce sont les humains qui ont créé ce problème, et maintenant nous demandons à Dieu de le résoudre. C’est illogique. Dieu nous répondrait de le résoudre nous-mêmes, car nous l’avons créé en premier lieu.

Nous avons besoin d’une approche méthodique pour promouvoir l’unité et l’harmonie. Si nous nous y mettons dès maintenant, nous pouvons espérer que ce siècle sera différent de celui qui vient de passer. C’est dans l’intérêt de tout le monde. Alors travaillons pour maintenir la paix dans nos familles et nos sociétés, sans attendre l’aide de Dieu, Bouddha ou des gouvernements. »

Article original (en anglais)

Citation : « La vie est belle en dépit de tout ! (…) Il y a beaucoup d’épines, mais les roses sont là aussi » Tchaikovsky

15 Commentaires

  • Coucou Morgane,

    Je voulais simplement te dire que non tu n’es pas seule à avoir ces réflexions. Je pense qu’elles viennent plus ou moins naturellement lorsque l’on décide de changer son mode de consommation et qu’elles sont plus qu’évidentes dans des situations comme celle que nous venons de vivre.

    Je me demande aussi pourquoi les Hommes ne voient pas en premier lieu que nous sommes tous des Humains bien avant notre nationalité, notre religion etc.
    Je ne comprends pas comment un territoire peut être plus important que des vies humaines. On me répète que cela fait des siècles que c’est comme cela mais pourquoi ne pas remettre cela en question une bonne fois pour toute ?

    Je voulais te remercier pour cet article qui m’a réconforté en me disant qu’au final non je n’étais la seule à me poser ces questions là.

    Prends le temps de retrouver ta bonne humeur et ta joie de vivre, tout le monde à le droit de flancher par moment.

    Je t’envoie toutes les ondes positives que je peux !!

    Marie

  • Tu as écris un très beau texte ! Il ne faut pas arrêter de vivre, de sortir, de boire un coup à cause de ces connards ! En tout cas, il faut qu’on reste solidaires et unis ♥
    Prends le temps qu’il faudra, que que tu ailles mieux..

  • Chère Morgane,

    Merci de te confier à nous.
    J’ai envie de te dire que tout comme toi, j’ai passé un week-end épouvantable psychiquement.
    Il y a une semaine heure pour heure, 130 personnes ont payé de leur vie une soirée qu’elles s’étaient offert au café, au restaurant, au concert de rock. 130 personnes ont payé de leur vie le fanatisme primaire, fou furieux, d’individus qui ne mériteraient même pas d’exister sur la Terre.

    Ce qui nous meurtrit à ce point, outre l’horreur qui a régné, c’est qu’une grande majorité des victimes était des jeunes gens comme nous. Des gens heureux, des gens libres, des gens passionnés, des gens frondeurs, des gens cultivés, des gens ouverts, des gens réfléchis, des gens évolués, des gens en construction, des gens assoiffés de comprendre le monde et de le rendre meilleur, des gens avides de vivre. Des gens comme moi, comme toi, comme nos amis, comme tous les lecteurs de ton blog.

    Pire, j’ai l’impression que suite à ces tragédies, l’unité nationale semble fragile. Que l’esprit du 11 janvier est déjà lointain. Qu’en plus de mettre les clans politiques perpétuellement les uns contre les autres, ces événements attiseront la haine de certains contre d’autres. Et que les pires victimes seront la communauté de confession musulmane et les communautés immigrées. Certains ne comprennent guère qu’il ne peut pas y avoir de place à l’amalgame entre la communauté de confession musulmane, les musulmans de France, qui sont nos compatriotes, nos frères et nos sœurs ; et ces véritables fanatiques, ces barbares, ces sauvages, ces chiens, ces fauves, qui tuent au nom de leur islam. Voilà maintenant qu’apparaissent des amalgames entre ces fanatiques et les réfugiés syriens qui arrivent en Europe. Quel est le rapport ? Les réfugiés fuient la guerre et cherchent un avenir dans un pays libre où ils pourront enfin se construire une vie digne qu’ils méritent autant que nous.

    J’aimerais aussi insister sur le fait que le fanatisme djihadiste frappe partout. Samedi dernier, il a fait 40 morts au Liban. Et les médias n’en ont même pas parlé, car les attentats chez nous constituaient l’info 24/24. C’était également le cas pour les attentats de janvier, et on ignorait totalement que pendant le même temps, les djihadistes faisaient 100 fois plus de morts au Nigeria. À croire que les attentats dans les pays orientaux et les pays d’Afrique signifient peu pour l’Occident. Et cela nous ferme les yeux sur le mal qui règne encore dans le monde.

    Maintenant, il faut se tourner vers l’avenir. Et tu l’as dit, il est dur cet après. Tout ce que chacun peut faire pour l’instant, c’est apporter sa pierre à l’édifice de la paix et de l’amour du prochain. À terme, peut-être faudrait-il aussi repenser enfin nos sociétés qui vont beaucoup trop mal. Une politique sécuritaire répressive, incontestablement inéluctable, ne suffira pas. Il faudrait notamment repenser l’école. Ce que fait surtout l’école en France, c’est livrer des savoirs abstraits, on ne peut plus aliénants, aux élèves : certains jeunes plus ou moins défavorisés décrochent et sont promis à l’échec scolaire dans un système qui les exclut et les privent d’avenir. Des jeunes qui finissent par tomber dans la déliquescence, parfois la délinquance, et dans les cas extrêmes, la radicalisation religieuse.

    La route vers un vrai monde de paix sera longue, mais on y arrivera. Le fanatisme religieux ne peut pas vaincre notre passion de la vie. Le fanatisme religieux ne peut pas vaincre nos valeurs d’humanisme et de progrès. Il faut savoir que le monde dans lequel nous vivons, si violent soit-il encore, est le plus pacifique de l’histoire. Il y a quelques décennies, les gens vivaient par millions la guerre, l’occupation, voire la déportation, et puis la précarité pour la plupart.

    J’espère que ce message ne sera pas trop long. Je savais que tu allais écrire un article pour te livrer et j’ai réfléchi pendant une semaine à ce que j’allais t’écrire. J’imagine à quel point ce qui se passe te rend triste et je tenais à t’écrire quelque chose de réfléchi pour te montrer que nous sommes tous peinés et qu’ainsi nous pouvons nous entraider et agir ensemble pour un monde où, comme le dit merveilleusement Juliette, « l’amour sera déclaré valeur primaire et universelle ».

    Avec toute mon amitié,
    Rémi

    • Merci Rémi, je serai bien hypocrite de dire que c’est trop long alors que je lance la discussion sur un sujet. Au contraire je suis touchée que tu aies pris le temps d’écrire ce com. Et heureuse de pouvoir y réfléchir avec toi et les autres lecteurs. Je viens de lire un article très intéressant qui rejoint ce que tu dis sur le fait que la répression ne suffira pas. Le Dalaï Lama y dit que nos sociétés doivent mettre les valeurs d’unité et d’harmonie au centre de tout. Que cela doit devenir le coeur de notre système :
      « We need a systematic approach to foster humanistic values, of oneness and harmony. If we start doing it now, there is hope that this century will be different from the previous one. It is in everybody’s interest. »
      Je vote pour lui, mille fois, je crois que je suis bouddhiste :)

  • Pour ma part, moi qui suis loin de tout ça, je te dirais simplement que je t’aime. Comme la nièce du tonton Ronchon que je suis. Tu fais beaucoup pour le bien de tes lecteurs, et c’est normal de parfois crier ‘à l’aide’. Moi je suis là. Je ne peux pas te promettre la paix dans le monde, mais mon affection et mes encouragements. Quoi qu’il arrive, tu es une personne magnifique, même quand tu as un coup de mou. Ne sois pas sévère avec toi-même, tu es juste humaine. On est pas au pays des merveilles, on prend des coups, parfois ils font tellement mal qu’ils nous font douter du sens même de la vie. Toute cette injustice… Mais la vie ne vaut-elle pas la peine d’être vécue ne serait-ce que pour un sourire de Juliette? Pour un câlin de ton choubidou? Pour un ronronnement de Shadow? Pour le plaisir de goûter un délicieux smoothie que tu viens d’inventer? Même rien que pour le sourire que la glace te renvoie?
    Les choses négatives prennent si facilement le pas sur ces petits bonheurs de tous les jours. Tu es forte Morgane. Tu es une battante. Demain sera meilleur qu’aujourd’hui… si tu le veux… et je suis sûr que tu le veux!

      • J’ai beaucoup réfléchis aujourd’hui, au point d’en avoir ratée ma sieste qui, pourtant, m’est salutaire. Mais, je ne le regrette pas. Je pense que tout n’est pas encore tout à fait en ordre dans ma tête, mais je sais que tu comprendras tout. Et parfaitement.

        Voici le fruit de mes réflexions.

        Si je suis un soldat, c’est que nous sommes en guerre, mais en guerre contre quoi, contre qui ? Et bien j’ai la réponse, en guerre contre la peur. Celle que tu revendiques à juste titre, mais si je t’ai fait sourire ce matin(-là), cela veut dire que j’ai déjà gagné un combat, et ce ne sera pas le dernier ! Même si personne ne peux prévoir l’issue finale.

        Il y a une chose que l’on essaie de nous prendre, c’est l’amour (mot qui résume tant de choses). L’amour de l’autre, l’amour de soi, l’amour d’un instant, l’amour d’une situation ou même l’amour de l’espoir. La manière de faire de ces abrutis (mot qui résume ces abrutis) c’est en remplaçant l’amour par la peur. Le jour où on aura plus que de la peur (pour les autres, pour soi, …) c’est qu’ils auront gagné. Et cela, ça n’arrivera pas ! Si nous le voulons.

        Tu nous décrits avoir « un genou à terre », c’est bien normal quand on prends un coup, mais sur un ring de boxe, par exemple, on accuse le coup, on se relève et on repars au combat. Ce serait bien trop facile pour l’adversaire de frapper le premier et une seule fois pour gagner. Non, Morgane, tu ne vas pas rester un genou à terre. Non, Morgane, tu ne vas pas te laisser submerger par ce sentiment qui va contre tout ce que tu es ! Je me souviens, il y a une semaine ou deux, avoir échangé avec toi sur le fait que la peur était une création du cerveau et je suis à peu près sûr que tu me répondais : « Oh tu sais il n’y a pas de petite ou grande peur. C’est bien a nous de refuser de nous laisser influencer :) » (en fait je te cite).

        Mais tu n’es pas seule, Morgane. on est tous là pour t’aider, pour nous aider. Et pour t’aimer. Chacun à notre manière. Regarde le magnifique texte de Rémi qui te suis depuis bien plus longtemps que moi. Je sais qu’il t’aime. La plupart des personnes qui te suivent sur ton blog t’aiment aussi. Que ce soit pour tes idées, tes conseils, tes moments de joie et de bonne humeur, tes recettes remplies de tendresse et de douceur. Pense à tout ces « petits » peu d’amour, mets-toi devant la glace, ne te demande pas pourquoi, ou si tu le mérites, intègre-le! Regarde-toi droit dans les yeux, et dis-lui, à cette fille, qu’elle n’a pas gagné autant d’affection sans raison. Explique-lui qu’elle est une fille bien et qu’elle ne va sûrement pas se laisser abattre par un sentiment si facile. Pas Elle, pas Toi. Ensuite, rentre en contact avec les personnes les plus chères à tes yeux, et dis-leur que tu les aimes, ne leur fais pas comprendre, dis-le! Attrape la première chose qui compte vraiment et serre-là dans tes bras (peu importe que ce soit vivant ou non) et rappelle-toi pourquoi cette chose compte autant. Ramène le plus de souvenirs possible dans ta mémoire et ressens tout cet amour. Cette raison de vivre. De vivre Morgane, pas de survivre. Sois l’ambassadrice de l’amour. Tu ne manques pas de charisme, de charme et encore moins d’intelligence. Tu peux lever toute une armée de gens qui s’aiment et qui aiment la vie. Tu as déjà trouvé ton premier soldat, même si il n’est pas très efficace…

        Mon rêve, je te l’avoue, c’est de voir la semaine prochaine sur ton site un article qui parle d’amour, celui qui relie les peuples, celui qui rends les gens tellement forts ! Tu me veux soldat, sois ma Maréchale, ma Commandante. Oh, bien sûr, il y aura des pertes, encore des coups durs, encore des genoux à terre, parfois le monde va s’effondrer, mais si on est ensemble, on aura plus facile à se relever, et à redoubler de courage, et à être encore plus fort !

        Je cite deux références un peu futiles mais tellement vraies de sagas littéraires/cinématographiques:
        – Il est tellement facile de passer du côté obscur de la force en se laissant submerger par la rage, la colère, la frustration. Le bien l’emportera toujours. Tu es tellement plus forte que tu ne le penses, moi je crois en toi ! En fait, j’ai même pas de doutes.

        – Souviens-toi de l’AD (l’armée de Dumbledore), au début Harry pense qu’il n’y aura personne, finalement, heureusement que la salle sur demande s’adapte aux besoins. Je suis sûr que pleins de gens veulent s’aimer, se tenir la main, même quand on est pas à une semaine d’une atrocité. On a tous vu une/des vidéos avec des gens qui tiennent des pancartes « hug free », on a tous trouvé ça chouette, mais quesqui nous empêche de le faire, même sans pancarte ?

        Morgane, jamais je ne t’ai rencontrée dans la vraie vie et je suis certain que jamais cela n’arrivera. Et pourtant, moi,

        Je t’aime Morgane.

        • Merci Eric. Tu dis beaucoup de choses touchantes. J’aimerais vraiment être un vecteur de valeurs positives et de tolérance. Je ne sais pas si je suis prête à écrire des tirades sur l »amour. Mais ce qui est sûr c’est que je suis prête au quotidien à vivre comme j’aimerais que tout le monde vive. A ne pas me défouler sur les autres, à ne pas ignorer un être qui aurait besoin d’aide, et au maximum à ne pas garder de colères en moi. Ce weekend je me suis recentrée, j’ai médité, j’ai fait des smoothies, j’ai pris soin de moi et mes proches m’ont bichonnée aussi. Et surtout j’ai regardé plein d’interviews sur des fondateurs d’associations, des bénévoles, sur toutes les merveilleuses idées que les gens du bien peuvent avoir pour aider le monde au lieu de l’enfoncer. Il y en a beaucoup. C’est en ce sens que je parle de guerrier de la lumière. Car oui c’est une bataille, mais qui ne se joue pas sur le terrain de la violence.

  • Bonjour Morgane,

    Merci de t’ouvrir à nous ainsi, et de permettre cette conversation.

    Quand tu dis : « Tout ce que je veux c’est que les gens vivent en paix, qu’ils s’aiment, qu’ils utilisent leur intelligence et leur force pour s’aider entre eux. Et pour ça je me sens totalement en marge. Comme si j’étais anormale. Comme si tout le monde avait renoncé sauf une poignée de hippies déconnectés de la réalité. » Ces lignes sont trait pour trait ce que je ressens. Et ce, depuis toute gamine…

    Deux choses m’ont aidé à traverser les épreuves.

    D’abord, lâcher prise. J’ai fini par réaliser que ce n’est pas grave de ne pas comprendre. Du moment que ça ne nous empêche pas de mettre notre pierre à l’édifice et de rayonner notre bienveillance auprès des gens qui croisent notre route.

    Ensuite, le fil de la vie. De nombreuses années se sont écoulées depuis la toute première fois où j’ai fait ce constat. Et ce que j’en ressors, c’est que nous ne sommes pas seul(e)s, non. Il est toutefois rare de se croiser les uns les autres. Peut-être parce que nous sommes trop peu nombreux. Ou peut-être parce que nous ne faisons pas de vague, et qu’il est plus difficile de se repérer. Mais quand ça se produit enfin, cette rencontre procure un tel bonheur que tu es reboosté(e) jusqu’à la prochaine.

    Alors non, tu n’es pas seule. Ne t’en fais pas :)

    http://media.tumblr.com/tumblr_lj4ewwxBtD1qa2tnv.gif

    Sincèrement,
    Stéphanie

    • Merci Stéphanie, tu as entièrement raison. Je viens de lire une citation que j’ai ajoutée en fin d’article et qui rejoint exactement ce que tu dis : « Nous devons concentrer nos coeurs, nos esprits, et nos actions sur ce que nous pouvons faire, plutôt que sur ce que nous ne pouvons pas faire ».

  • Coucou Morgane,

    Pour être honnête, cet article, je l’ai attendu et attendu et attendu.
    Je savais que tu aurais su mettre des mots sur notre douleur commune, à tous. Pour moi, c’est cela qui a été compliqué. D’avoir à accepter quelque chose que je ne pouvais même pas nommer. Pour cela merci.
    Et ces petites pépites de bonheur post-article, c’est aussi franchement revigorant. Je ne sais pas où on va tous, là, plus d’une semaine après, avec encore les flics partout, et la méfiance continuelle. Mais ça me fait plaisir de voir qu’il y a encore des gens qui croient en l’avenir, en l’amour, et en tous les trucs cools qui font l’humanité.

    Des bisous à nous tous, rêveurs du présent, mais surtout fondateurs du demain.

    • Au départ je ne savais pas si je voulais écrire sur ça. C’était trop tôt, trop omniprésent. Puis j’ai commencé à sentir une boule au ventre de plus en plus grosse, et ça je sais que ça ne passe que si j’écris sur ce qui me pèse. C’est cette boule qui me tient parfois éveillée jusqu’à 4h du mat’. Et j’écris, incapable d’aller me coucher tant que tout n’est pas sorti. Je ne suis visiblement pas la seule à ressentir ce malaise de fond et ça me rassure. Ça m’a fait du bien aussi de trouver ces articles et citations que j’ai mis après. Il y a des épines, et il y a aussi des roses :)

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