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Ce que les choix de vie difficiles nous apprennent

J’ai ressenti quelque chose de bouleversant la semaine dernière. Quand j’ai posté mon article et que j’ai reçu un énorme soutien. Venant de gens que je connaissais mais aussi d’inconnus, qui ont pris le temps de m’écrire et de me transmettre ce que leurs expériences leur ont appris. Simplement pour m’aider. Parce qu’eux aussi, ils ont du répondre à des choix de vie parfois déchirants.

J’ai lu tout ce qui était à ma portée. Commentaires, mails, articles, j’ai récolté des pépites de gentillesse et sagesse minutieusement. Voici ce que j’ai retenu :

1. Le conflit intérieur fait et fera toujours partie de notre humanité

Je vais citer un commentaire posté sous mon article précédent (merci Julia) :

« Tout homme est tiraillé entre deux besoins.
Le besoin de la Pirogue,  c’est-à-dire du voyage, de l’arrachement à soi-même.  Et le besoin de l’Arbre, c’est à dire de l’enracinement, de l’identité. Les hommes errent constamment entre ces deux besoins en cédant tantôt à l’un, tantôt à l’autre ;
Jusqu’au jour où ils comprennent que c’est avec l’Arbre qu’on fabrique la Pirogue. »
Mythe mélanésien de l’île du Vanuatu

Ça veut dire que c’est NORMAL :D Que nous ne sommes pas fous d’être tiraillés entre une chose et son contraire. Alléluiah. Je me disais que c’était ma faute, que j’avais cultivé bêtement deux désirs opposés et que je m’étais prise à mon propre piège. Mais non. Le conflit intérieur fait partie de nous et il se présente sous plein de formes différentes : sécurité ou liberté ? Passion ou raison ? Sushis ou libanais ?
L’un ne va pas sans l’autre. Choisir ne veut pas dire abandonner définitivement une partie de nous. C’est juste qu’on ne peut pas avoir les deux en même temps. Il faut accepter d’avoir l’un puis l’autre, ou des les avoir alternativement et en fait c’est même préférable pour les apprécier.
Il peut aussi y avoir un combat entre la logique et l’intuition. Dans une vidéo de Marie Forleo, j’ai trouvé 5 questions stratégiques à se poser dans cette situation :
– Quel est le résultat que je désire le plus dans ce domaine de ma vie ?
– Quelles sont toutes les options possibles pour avancer ? En essayant d’être créatif pour aller au delà des possibilités initiales, parfois c’est à nous de créer une autre réalité.
– Quels sont les avantages et inconvénients de chaque option ?
– Quelle est la pire chose qui puisse arriver dans chaque situation ? Cela permet de réaliser qu’il y a peu de décisions réellement irréversibles ou dont on ne peut pas se remettre (comme l’a également souligné une sage lectrice du nom de Valérie).
– Sur qui d’autre cela aura-t-il un impact ?

2. Avoir trop (de choix) dans la vie rend moins heureux

C’est en visionnant « Paradox of choice » que je l’ai compris. Barry Schwartz y explique que plus on a de choix, moins on est heureux. Car nos attentes augmentent drastiquement quand on nous annonce par exemple que 25 sortes de jeans sont à notre disposition. On s’attend à sortir du magasin avec le jean de notre vie. Alors qu’on serait restés bien plus calmes de la poche arrière si on nous avait dit « il y a 2 modèles, un pour les petites jambes, un pour les grandes jambes ».
Et pire que ça, nous vivons hantés par les possibilités que nous n’avons pas choisies. Quand le choix augmente, la satisfaction diminue car on finit par penser « Mais j’aurais pu avoir ça » MÊME si ce qu’on a choisi est génial. Le simple fait de savoir qu’il y avait d’autres options à notre portée suffit à gâcher le plaisir de celle qu’on a choisie. C’est dingue quand on y pense. Il y a deux réponses à cette situation :

– Transférer une partie de ce que nous avons à des pays ou des gens qui ont moins :
« Ce qui rend possible tous ces choix, c’est l’opulence. Il y a beaucoup d’endroits dans le monde ou le problème n’est pas d’avoir trop de choix. Leur problème c’est d’avoir trop peu. La souffrance du choix est un problème spécifique aux sociétés riches et modernes. Ce n’est pas seulement que ces choix compliqués et onéreux ne servent à rien, ils nous font du mal. Ils nous rendent plus malheureux Si nous pouvions envoyer tous ces choix dans les sociétés ou les gens n’en ont pas assez. Non seulement ils vivraient mieux, mais nous aussi. Le redistribution des richesses rendrait tout le monde plus heureux, pas juste les plus pauvres. Car l’excès de choix est notre fléau. » (c’est « l’amélioration Pareto »)

– Vivre dans le moment présent : peu importe ce qu’on aurait pu choisir. Peu importe la petite voix qui nous hurle qu’on manque l’avant première de Star Wars pendant que nous sommes à notre cours de théâtre (true story). Il faut savoir mettre cette petite voix en silencieux et apprécier le moment dans lequel on est plutôt que de fantasmer sur le reste.

3. On peut être très heureux en choisissant la sécurité plutôt que de poursuivre ses rêves

Je surévaluais beaucoup le worst case scénario : je pars à Dublin et je finis ma vie loin de ceux que j’aime et de ma passion OU je reste à Paris pour suivre mes rêves et je finis SDF. Mais le monde n’est pas si noir et blanc. Il est plus doux que les cases et les oppositions que nos esprits s’entêtent à créer. Ce témoignage d’une ex New-Yorkaise m’a fait dédramatiser les enjeux de mes choix : « I Chose Security Over Following My Dreams, And It Was The Best Decision I Ever Made »

4. On est programmés pour intégrer l’opinion collective à nos critères de choix

En lisant « la théorie du restaurant ou comment le groupe décide à votre place », j’ai aussi réalisé pourquoi c’était dur de dissocier les différentes voix dans ma tête.

L’article explique que pour notre cerveau, l’aval des autres est comme une récompense. Au niveau de l’évolution, c’est le fait de vivre en groupe qui nous a permis de survivre. Appartenir à une communauté nous a donné de meilleures chances d’avoir un morceau de mammouth à manger, de se reproduire, et d’être protégés par notre communauté en cas de danger. Ce qui est cool. Sauf que des milliers d’années plus tard, on a toujours peur de se faire exclure du groupe en prenant une décision qui n’aura pas l’approbation des autres. Et donc de mourir dévorés par un mammouth vengeur.
Le risque est alors de faire passer l’opinion collective avant notre satisfaction individuelle… Et de finir un peu malheureux tout en se sentant obligés de jouer le jeu puisque les autres ne comprendraient pas forcément notre tristesse. Entre ça et le mammouth vengeur, je ne sais pas ce qui est le pire.

Conclusion de l’article « On accorde beaucoup trop d’importance à ce que les autres attendent de nous – parce que notre instinct nous pousse toujours à rechercher le consensus. Écoutez-vous. Vous avez plus souvent raison que vous ne le pensez »


Ça m’a un peu rassurée de comprendre comment les influences se battaient dans ma tête. Je suis sortie de mon impression d’être folle car incapable de répondre à des questions que je pensais simples. Je m’étais créé des opinions bien tranchées et bien rassurantes comme « on est artiste ou on ne l’est pas » ou « c’est facile de suivre sa voie quand on a une passion » et je suis tombée bien haut de ma chaise quand j’ai vu que ce n’était pas le cas. J’ai compris que ces choix étaient difficiles pour tout le monde, et que chacun avançait dans la vie en faisant son petit patchwork personnel.

Je ressens plus que jamais le besoin de m’extraire de toutes ces influences et des mes opinions préconçues. D’aller faire la paix avec mes angoisses et mes voix intérieures. D’aller là où il y a moins de choix et plus d’essentiel. Je pense avoir trouvé l’endroit idéal pour cela et je vous raconterai tout cela dès que les détails du voyage seront validés.

Merci mille fois à tous ceux qui ont pris le temps de m’écrire, pour m’envoyer leur soutien ou partager leurs connaissances. Je me suis sentie moins bête et moins seule. Vous êtes tous autorisés à venir me demander un peu de réconfort et de soutien un jour où ça ne va pas :)

réconfort

18 Commentaires

  • Ton article est très intéressant, et je suis contente de voir que tu y vois un peu plus clair là dedans, ou du moins de manière plus positive.
    J’espère que la suite sera bonne, et je te souhaite de te retrouver comme tu le souhaites.
    Bon voyage donc ? :)

  • Ton blog et les articles que tu poste sont bénéfiques dans le sens où on peut se dire que l’on est pas le seul à se poser ses questions la. Et la sincérité et la façon dont tu as écris ton article à touché du monde.
    Alors je vais suivre tes aventures avec plaisir. Et je te souhaite le meilleur quelque soit ta route.
    Prend soin de toi et des tiens.
    Peace !

  • Bonjour Morgane,
    Je n’ai malheureusement pas fait partie des personnes qui avaient répondu à ton article précédent et pourtant ce n’était pas faute d’avoir essayé ! Je me sentais tellement concernée que j’avais à coeur de te trouver des mots justes, ceux qui pouvaient aussi me faire échos puisque je me sentais si proche des émotions et tiraillements que tu exprimais… Et pourtant je n’ai pas réussi ! C’était me confronter à un paradoxe.
    Et tu reviens avec cet article, plein de solutions, et c’est un bonheur. J’aurais aimé que tu me remercies de t’avoir réconforté et c’est moi qui le fait aujourd’hui. Je retrouve un peu d’espoir, soulever l’enclume qui semble peser sur nos têtes peut finalement s’avérer plus facile qu’on ne le pense, il suffit de penser à soi, de s’orienter vers des choix en pleine conscience, de ne pas avoir peur des échecs (malgré les conséquences qu’une erreur implique depuis notre enfance) (que l’école est mal faite !) etc… Facile à dire, mais c’est tellement vrai. Sortir de sa torpeur c’est avoir le courage d’oser faire un choix… mais aussi savoir le remettre en question et s’accorder un retour en arrière, sans regret puisqu’après tout l’audace aura été au rendez-vous.
    Belle continuation à toi, merci pour tes mots.

    • Ne sois pas désolée, on ne sait pas toujours quoi dire. J’écris pour ceux qui comme toi et comme moi se posent des questions sur la vie, et ça me fait plaisir de savoir que je peux aider ne serait-ce qu’un peu.

  • J’espère t’avoir eu aidée un peu (mon dieu que cette phrase est bizarre…). Quoi qu’il en soit, je suis toujours surpris par cette manière d’approfondir, presque jusqu’au centre de la terre, chaque sujets.
    Je te sens un peu plus positive, moins perdue, moins désemparée, et cela me réjouit très fort ! Sincèrement.

    Je voudrais juste que tu acceptes une chose, Morgane, tu n’es pas parfaite et tu ne le seras jamais. Mais ce sont ces imperfections qui font de toi une personne qu’on aime, tout simplement. Ce sont toujours les petites imperfections qui rendent les choses intéressantes. Imagine un paysage tout plat sans rien, c’est ch…t, mais mets quelques montagnes, un cratère, des arbres, des animaux dans une prairie, un lac, … Et ça devient super joli. Ben une personne, c’est pareil. Faut pas que la route devienne dangereuse (qu’on devienne Dexter), évidemment, mais les imperfections, c’est bien.

    Je te propose de regarder un tout petit bout d’un de mes films super-préférés : https://www.youtube.com/watch?v=Hjm4a1-ratc
    C’est en anglais, mais je sais que ce n’est pas un souci pour toi. Il fait moins de 4 minutes.
    Ceci dit, le film entier en vaut la peine.

    Je t’envoie en courrier express une livre de bisous affectueux !

    Ps: Sois indulgente avec toi, s’il te plaît, t’es déjà pas si mal, tu sais?!?

  • Je suis ravie que tu ai pu faire ton choix. Je te rejoins sur le point 3, c’est pas une surprise :) En fait je pense qu’effectivement, les premiers mois c’est de l’adaptation etc, mais je suis sûre que tu pourras trouver du temps, en t’organisant, pour ta passion. Tu es travailleuse et courageuse, alors je ne me fais vraiment aucun soucis pour toi là-dessus.
    Et n’oublies pas que seul ton choix, celui que tu fais, seule avec toi même, sera le bon.

  • C’est un très bel article. Il me parle personnellement beaucoup et je suis moi même en train de traverser une phase comme ça dans ma vie. Et moi aussi te lire me fait réaliser que je ne suis pas seule à traverser ce genre de « tourments  » bon courage à toi. J’ai hâte de connaître la suite
    PS: je te suis depuis plusieurs années mais c ‘est la première fois que je lis en profondeur un billet et que je commenté. Je tâcherai d’en faire une habitude ;)

  • Je suis contente en lisant cet article de te sentir moins perdue. Pour moi aussi c’est une vraie galère émotionelle quand je dois faire un choix ou prendre une décision importante. Je me sens complétement perdue nerveuse et déprimée. Quand une décision de ce type se présente, j’ai tendance à fuire,à freiner de toute mes forces, à repousser le plus possible le moment de me décider en me trouvant toutes les excuses possibles. Pourtant je sais trés bien que ce n’est pas la bonne décision mais à chaque fois c’est pareil. N’ayant pas du tout confiance en moi, j’assimile cette façon de réagir à de la peur de grandir. A la fin de mes études, je n’ai pas trouvée imédiatement du travail. Puis un jour deux propositions de travail se présentent. L’une pour 5 mois mais pas complétement dacomplétemeine ou j’avais fait mes études. L’une pour trois mois renouvelable une fois dans le domaine ou je croyais vouloir alors travailler absolument. J’ ai passé un entretien pour la deuxieme option en premier, le lundi d’aprés je commençéea y travailler. Trés rapidement je ne me suis pas sentie bien dans se travail et j’ ai regretté de ne pas avoir passée cet autre entretien. Au bout du contrat je suis retournée chez moi avec un capital confiance a moins je ne sais quel étage. S’en est suivie une grande remise en question. J’avais 25 ans et l’impression de retourner à la case départ et aucune idée de ce que je voulais faire, complétement perdue. La seule chose que je savais c’était que je ne voulais pas retourner dans ce domaine. Un jour une opportunité de travail s’est présentée, je me suis lancée. Ce fut une révélation, un espèce de compromis qui regroupé tous les bons côtés de mes expériences pro passées. Et maintenant j’ai un boulot stable depuis un peu plus d’un an. Ce parcours a été trés compliqué émotionnellement. Certains de mes proches me poussait a prendre un travail pour avoir un travail. Car une fois que j’ai su ce que je voulais faire, le parcours bien que plus optimiste pour moi n’a pas été évident. Peut être le fait de devoir prouver depuis que je suis petite que je peux arriver a ce que je veux m’a donner la force d’y arriver. Tout ça pour dire que maintenant avec le recul j’en suis arrivée a la conclusion qu’un mauvais choix pouvait être un mal pour un bien. Que même si on se trompe, on peut apprendre de nos erreures, elles nous permettent de nous construire et de rebondir. Au final il n’y a peut être pas de mauvais choix. Il faut tout simplement trouver un équilbre et un compromis entre ce que l’on veut et ce que l’on peut. On ne peut pas forcement avoir ce que l’on veut tout de suite. Parfois il faut prendre des chemins détournés. Mais ces chemins si on ne perd pas de vu son objectif peuvent nous amener a ce que l’on veut ou nous force a voir ce que l’on veut vraiment.
    Je ne suis pas encore vraiment persuadée à 100 % de ce que j’ai écris ( je ne suis même pas certaine que se soit trés clair) et je ne suis pas certaine non plus que ça te sera d’une grande aide ( j’ai l’impression de m’embrouiller moi même).
    En tout cas tu es jeune, tu es forte (sinon tu n’aurais pas aussi bien gérée la télé réalité et l’aprés télé réalité). Ne vois peut être pas ce dileme comme un problème ou comme une croisée des chemins mais comme une solution qui te fera avancée plus loin ou qui sait le chemin de ta passion et de ta raison se fusionneront.
    Désolée pour ce long commentaire. Je te souhaite que se voyage de permette de prendre du recul et de trouver une solution pour que ta passion devienne ta raison de travailler.

    • Détrompe-toi ton commentaire est clair et il m’aide. Il me montre qu’il FAUT aussi passer par des moments difficiles pour savoir ce qu’on veut par opposition à ce qu’on ne veut pas. Je suis en plein dedans en ce moment, et très dur à accepter, mais je sais que ça ne durera pas toujours et que tôt ou tard, je trouverai la paix.

  • Lors de ton précédent article, j’ai laissé la page ouverte sur mon ordinateur un bon moment, pour venir y écrire quelques mots. Parce que je comprenais ce que tu disais, ce que tu voulais, ce besoin de souffler et de t’expatrier. Mais j’ai pas trouvé les mots. Je me suis sentie moins seule à vouloir crier « De l’air bordel, il me faut de l’air! »
    Et voir surgir ce nouvel article, qui est très intéressant et qui m’a fait beaucoup de bien (merci ♥). Te voir plus déterminée, moins perdue, fait forcément du bien! J’espère que tu trouveras ton bonheur là ou tu décidera de te rendre. J’ai hâte de lire la suite de tes aventures.

  • Bonjour Morgan, ton blog vient de recevoir un prix et moi je te lis pour la première fois… Au hasard d’une photo culinaire j’arrive ici. Comme beaucoup, je suis en période de doutes, de transition… Je cherche des réponses pour mon bien être moral, physique et vital. Mais aussi l’équilibre de mon cercle familial . Et là au lieu de tomber sur un site de recettes ‘bonnes pour mon corps’ je tombe sur tes articles ‘bon pour mon esprit et mon moral’. Alors merci de partager tes doutes et tes pensées. Ton article m’à apporté une réflexion positive à ‘mon cas,
    Merci! J’espère que ton voyage t’apportera des réponses.

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