morgane enselme

Ne laissez pas les réseaux sociaux vous déprimer

J’ai une vie de merde.

Voilà ce que beaucoup de gens pensent en parcourant leur feed Instagram ou Facebook.

À force de voir les vacances de rêves de nos potes, le corps parfait des célébrités, les assiettes super jolies des blogueuses lifestyle (dont je fais partie), on finit par croire que tout le monde a une vie géniale sauf nous. Et bien non. Je suis là pour vous dire que ce n’est pas la vraie vie.

Les articles sur le sujet s’accumulent. Rien que ces derniers jours, j’en ai vu passer deux :

Tout le monde a ses problèmes

Ils rappellent ce que l’on sait déjà, mais qu’on oublie vite : ces fragments de vie façonnés à coup de filtres embellisseurs sont des illusions. Inexacts mais pas inoffensifs, ils renforcent la pression déjà bien pesante de la minceur, de l’injonction au bonheur, de l’incitation à consommer toujours plus, etc… Allant jusqu’à créer des dépressions, troubles du sommeil et troubles alimentaires.

La meilleure façon de lutter contre ça est de rappeler que non, ce n’est PAS le réel. Que tout le monde a ses problèmes. Je suis sûre que les instagrammeuses aux millions d’abonnés et aux abdos parfaits ont des soucis de plomberie, des infections urinaires, et doivent attendre 3 plombes pour avoir un rendez-vous chez le dentiste COMME TOUT LE MONDE. Nous sommes tous humains et le feed le plus parfait du monde ne rendra personne invincible.

Stop à la comparaison

La comparaison étant, bien évidemment, mauvaise conseillère. Tous les instants ne peuvent pas être de parfaites bulles de bonheur. Un jour c’est nous qui postons notre selfie à la plage, demain ce sera quelqu’un d’autre. Il faut accepter que les autres aient des moments de kiff, qu’ils partagent, et deviner qu’ils en ont beaucoup d’autres, qu’ils ne partagent pas. En tant que Blogueuse / Youtubeuse / Instagrammeuse, je vais rétablir la balance en partageant ici des angoisses dont je ne parle pas d’habitude :

  • Je hais mon corps quand je prends du poids (je hais quand je perds le contrôle de quelque chose, globalement).
  • Il m’arrive de crever de jalousie en regardant le feed Instagram de quelqu’un d’autre (j’essaie de combattre ce sentiment, mais il est là).
  • Parfois je me demande si mes articles / vidéos servent à quelque chose.
  • Tous les 6 mois je pense à me faire poser des faux seins parce que j’ai complexé sur ça toute ma vie.
  • Quand je regarde une photo de moi, une voix dans ma tête me dit des trucs atroces.
  • Je me cache du monde dès que je traverse une phase difficile, car je ne veux pas que les gens assistent à mes difficultés. Qu’ils me voient vulnérable, faible, ou imparfaite. (Même si je SAIS que personne ne me demande d’atteindre la perfection et que les gens autour de moi m’aiment quoi qu’il arrive).

Voilà. Ça c’est fait.

Mieux vaut en rire

Je voudrais finir sur une note plus joyeuse que ça. Car on peut regarder nos démons en face et en rire. C’est même conseillé :) Genre là, quand je relis ce que j’ai écrit plus haut, je me dis « Hey ça va meuf, t’es pas la princesse d’Angleterre. Crois pas que des gens mesurent ton corps pour voir si t’as pris 2 kilos tous les jours ».

Et si vous sentez que 4 minutes de délire total entre BFF sur ce sujet vous feraient du bien, j’en profite pour partager notre dernière vidéo postée sur Morgane & Juliette (la page Facebook sur laquelle nous faisons nos vidéos avec Juliette Marsault), qui traite de ce thème :


On a exorcisé nos propres angoisses en créant cette vidéo. Et je pense que plus on parlera du sujet, plus on fera éclater la bulle de perfection, et mieux ça ira.

Comme le dit Brené Brown dans ses nombreux éloges de la vulnérabilité :

« La honte est l’expérience profondément douloureuse de croire qu’on est défaillant (pas assez bien) et par conséquent indigne d’amour, d’intimité, et de contact.
La honte tire son pouvoir du fait d’être indicible. Dès qu’on en parle, elle se fane. Il faut donc trouver la force d’en parler avec d’autres personnes. Des gens de confiance qui ont mérité d’entendre notre histoire. C’est en recevant l’empathie d’un autre être humain qu’on guérit la honte. »  extrait du livre Le pouvoir de la vulnérabilité.

Je m’arrête ici car j’ai dit beaucouuup de choses. Mais je ne serai pas loin pour répondre dans les commentaires 😉.

Paix, amour, et beaucoup beaucoup de câlins bienveillants.

28 Commentaires

  • Bel Article et belle initiative du coup, effectivement, aujourd’hui, tout le monde partage tout ce qu’ils font et peuvent rendre les gens envieux, moi la première ! Dans mes proches amis, certains, sont à Walt Disney, et une autre à Londres ! Bref, j’essaie de me dire , qu’un jour ce sera moi ! ;-)

  • J’ai adoré la vidéo et l’article, merci ça fait du bien !
    Petite question…J’adore ton pantalon et ton petit haut, de quelle marque s’agit-il ? merci par avance :)

  • Le truc, c’est que même si nous sommes toutes conscientes que chacune a ses problèmes et qu’il ne faut pas comparer, la nature humaine/la tendance humaine naturelle a croire que l’herbe du voisin est plus verte, fait qu’on retombe sans cesse dans nos travers : se comparer, être jaloux(se), trouver que sa propre vie est nulle.

    J’ai écrit un article sur le même thème aujourd’hui….Pas facile de prendre du recul concernant les réseaux sociaux…

  • Je trouve ça particulièrement vrai sur Instagram où les personnes, moi là première ont tendance à ne poser que des jolies photos et du coup ça donne particulièrement l’impression de cette vie parfaite !

  • Un franc MERCI pour ce post ! Ça fait toujours du bien, de se rappeler que la vie virtuelle reste celle que l’on veut bien montrer et n’est pas forcément la réalité.

  • un article qui fait du bien !! c’est vrai que les réseaux sociaux nous mettent indirectement une pression à vouloir la photo parfaite, le blog parfait, le feed parfait. J’ai réalisé le pouvoir de « manipulation » des résaux sociaux quand j’ai vu une robe Zara que je n’aimais pas, et puis au fil des jours, des semaines, à force de la voir partout, dès que je me connectais, j’ai fini par me dire : mais enfet elle est sympa cette robe !! j’ai donc réalisé à ce moment là qu’il fallait vraiment prendre de la distance avec tout ce qu’on nous mettre sur les réseaux et faire attention à ne pas se laisser trop influencer :)
    Bonne soirée à toi !
    Marion

  • Je valide mille fois cet article !
    Merci de rappeler tout ça car il faut le dire : oui tout le monde a ses problèmes rien n’est parfait chez personne ! et c’est dommage que parfois, les réseaux sociaux fassent croire le contraire !

  • C’est la première fois que je te lis et j’adore ton article. Je gère moi même très mal la pression, je suis perfectionniste et j’ai tendance à être très dure avec moi-même donc je te rejoins sur bien des points. C’est un combat de tous les jours que de se foutre des diktats et de dire non à la pression qu’on s’inflige soi-même via les réseaux sociaux. C’est pour ça qu’il est vraiment cool de voir une nana dire « bah voilà ma vie est pas parfaite, dès fois je la kiffe, dès fois je la kiffe pas », la conclusion c’est qu’on est tous humains et que l’humain parfait par définition n’existe pas donc autant arrêter de se torturer… Celles qu’on envie en envient d’autres et vice versa. Bref, c’est le genre d’article plein de sagesse que je me lasse pas de lire car il me rappelle que je suis pas solo à bader sur des conneries !

    • Alléluia pour ce commentaire plein de vie et de sagesse lui aussi. Merci d’avoir pris le temps de l’écrire, ça fait du bien à lire aussi

  • Je sais pas ce que je préfère entre « mon mari est moche » et « ma famille est raciste ». Haha, la vie est dure pour tout le monde ! Merci pour la vidéo et pour l’article. Ce sont des choses que l’on sait mais qu’on a tendance à oublier…

  • Bonjour Morgane, en lisant votre article dans le Huff Post cela m’a fait penser tout d’un coup à ce mot:
    Social Porn- car cette exhibition outrée, retouchée, lustrée et presque obscène..est en effet une réalité phantasmée tout comme le porn est du Q phantasmé que les jeunes générations prennent pour de l’argent comptant, la façon exemplaire de faire sans penser à ses propres besoins, envies ,son rythme.
    A force d’éloigner les jeunes de leurs instincts en les incitant à une course folle vers la pérfection la plus plastifiée on obtient des hordes de gens identiques, formatés avec les mêmes aspirations ( basses) de vouloir plus que tout au monde les cheveux de Kim et le Q de Nicki..et c’est tout.. et la vie qui les entoure ne servira que comme cadre pour leurs selfies..identiques. A force de vouloir ressembler à quelque personnages, toutes ses filles et garçons mutent en une masse insipide sans saveur et sans désirs ci ce n’est que de consommer. Une vision qui me glace le sang. J’espère que ce n’est qu’une crise d’adolescence prolongée et que une fois réveillés, ces jeunes vont commencer par exister vraiment et en 3D. Bon courage à toi

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